Avril 2021 / Vaccination anti-Covid : Position de la SFR le 21 Avril 2021

VACCINATION ANTI-COVID : POSITION DE LA SFR LE 21 AVRIL 2021

La vaccination anti COVID-19 de la population générale, y compris des patients atteints d’une affection de l’appareil locomoteur, est une priorité pour lutter contre l’épidémie de COVID.

Tous les sujets de plus de 55 ans, y compris les patients atteints d’une affection de l’appareil locomoteur, peuvent et devraient être vaccinés contre le COVID.

Parmi les patients atteints d’une affection de l’appareil locomoteur, ceux risquant une forme plus grave de COVID doivent être vaccinés quel que soit leur âge. Il s’agit en plus de ceux ayant les facteurs de risque classiques de la population générale des patients traités par corticoïdes à plus de 10 mg par jour, azathioprine, MMF, cyclophosphamide ou rituximab.

Pour les patients profondément immunodéprimés recevant l’un des 5 traitements ci-dessus, il est maintenant conseillé par la DGS d’effectuer une 3ème dose de vaccin 4 semaines après la 2ème. Dans le contexte de pénurie de vaccins, et même si cela n’est pas indiqué dans les recommandations de la DGS, il pourrait être possible chez ces patients d’effectuer une sérologie 1 mois après la 2ème dose et de ne proposer une 3ème dose uniquement à ceux qui ont un taux d’anticorps insuffisant. Il n’y a aucune définition de ce taux considéré comme insuffisant. La plupart des sujets sains ont un taux > 250 U après 2 doses. Ainsi, un taux < 100 U pourrait être considéré come insuffisant.

Il faut rappeler que, chez les patients traités par méthotrexate, anti-TNF, anti-IL6 récepteur, abatacept, anti-IL-17 et JAK inhibiteurs, il n’a pas été observé à ce jour de risque de forme plus grave de COVID. Ainsi, au regard de la vaccination, ces patients doivent donc être considérés comme la population générale.

Les patients atteints d’une affection de l’appareil locomoteur, y compris les rhumatismes inflammatoires chroniques ou les maladies auto-immunes systémiques, peuvent bénéficier de façon indifférente de l’un des quatre vaccins actuellement disponibles (dont l’efficacité et la tolérance sont identiques) en respectant les recommandations de l’HAS :

 – Les patients de plus de 55 ans peuvent recevoir le vaccin Astrazeneca, Janssen, Pfizer ou Moderna
 – Les patients de moins de 55 ans doivent recevoir le vaccin Pfizer ou Moderna

Il est maintenant établi qu’il existe un lien entre un risque exceptionnel de thromboses veineuses cérébrales ou digestives associées aux 2 vaccins à adénovirus Astra Zeneca et Janssen. Ce risque qui survient surtout chez des sujets jeunes est exceptionnel : entre 1/100,000 et 1/1,000,000 selon les pays.

Le mécanisme commence à être élucidé. Il s’agirait d’une réaction immunologique avec apparition d’anticorps anti-PF4 (Platelet Factor 4) et provoquant l’activation des plaquettes et donc les thromboses et une thrombopénie. Ce mécanisme est le même que celui des thrombopénies induites par l’héparine.

Même s’il s’agit d’une réaction auto-immune, ces exceptionnels cas de thrombose veineuse cérébrale ou digestive ne sont pas survenues chez des patients qui avaient des maladies auto-immunes sous-jacentes. Dans l’état actuel des connaissances, il n’y a donc pas lieu d’exclure les patients de plus de 55 ans avec maladie auto-immune de la vaccination AZ ou Janssen. Cependant, dans l’attente d’informations complémentaires, les patients avec un risque avéré de toxicité endothéliale (syndrome des anti-phospholipides, vascularite…) devraient probablement être exclus des vaccin AZ et Janssen quel que soit leur âge. Par contre, un antécédent de thrombophlébite ou d’embolie pulmonaire ne contre-indique pas les vaccins à adénovirus. Il n’y a eu à ce jour aucune augmentation du risque d’événements thromboemboliques classiques (phlébite ou embolie pulmonaire) avec ces vaccins.

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